"PLAINES" ETE
J’ai de nouveau été en plaine,
en plein été, pour simplement savourer
ces couleurs mélangées,
simplement déguster ces teintes accordées.
Qui a pu dire que les ciels sans nuage ne pouvaient exister,
qui a pu affirmer que rien n’était pure beauté.
J’ai longtemps marché le long des champs de blé,
j’ai humé la fraicheur des matinées
et l’odeur des champs cultivés.
J’ai alors de nouveau découvert mon village
aux couleurs encore plus dorées,
j’ai de nouveau aperçu mon patelin
avec les fruits de sa terre enrichie de purin.
Je marchais parfois en laissant trainer
une main sur les épis de blé
qui délicatement semblaient vouloir me chatouiller.
Il arrivait que le vent me fasse surfer
sur les vagues qui autour de moi se formaient
et par lesquelles je me laissais emporter.
Les champs, hier de bataille, étaient habillés
par le sang du coquelicot qui proliférait,
cohabitant habilement avec la couleur du bleuet
qui le jaune mouchetait.
Le rouge et le bleu ne s’accordent-ils pas ?
J’ai longuement marché sur ces chemins,
j’ai souvent parcouru ces sentiers
sans même jamais me lasser.
Mon univers, certes, est toujours le même
et pourtant si différent au fil des saisons qui alternent les champs.
Des balades estivales,
dans les prés et dans les bois,
muettes des balles
qui nous contraignent parfois.
Certes, je suis également chasseur,
mais de ces paysages,
non pas pour tuer le temps
mais plutôt immortaliser des images.
Maïs, orge, blé... bordent mon chemin
et des tournesols j’aperçois au loin.
Plus tard, certes, il y aura de la paille et du foin,
mais à ce moment j’ai dégusté l’instant,
j’ai savouré cette journée «été»
et qui encore demain sera.